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L’artisan est celui qui exerce un métier manuel.

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L’artisan est celui qui exerce un métier manuel. Il façonne des objets qui, le plus souvent ont une utilité sociale. Ses créations sont parfois proches des œuvres d’art. Mais pour arriver à ses fins, ce qu’il fait reste laborieux, exige toujours les mêmes opérations.
Mais comment alors comprendre, pour l’homme, l’expression « être l’artisan de sa propre vie » ? Nous essaierons de montrer ce qui le différencie des animaux et de voir comment il peut se libérer des contraintes imposées par la société dans laquelle il se trouve. Peut-il toujours agir comme il l’entend ? Les liens sociaux ne peuvent-ils pas constituer des entraves à sa liberté ? Comment peut-il devenir maître de soi-même ? Et, quelle importance accorder aux facteurs familiaux et sociaux ?
Soit l’homme se remet en permanence en question, s’interroge afin de trouver le meilleur chemin et de construire pour le mieux sa vie ; soit il se contente de suivre les opinions, la multitude mais s’expose alors à ne pas évoluer. Nous essaierons de montrer qu’il y a un lien direct entre être maître de sa vie et être heureux (avoir la capacité de s’accomplir).
 L’enjeu est le suivant : exercer sa liberté ; être capable de se déterminer en toute conscience.

 L’homme se distingue avant tout par le fait de disposer d’une raison. C’est ce qui le différencie des animaux. La supériorité des hommes, en ce sens, est évidente car en pensant, ils sont en mesure d’agir sur leur environnement. Voilà pourquoi les hommes sont voués à évoluer.

L’homme a compris très vite, face à une nature hostile,  que s’il ne se liait pas avec ses semblables il était appelé à disparaître. Depuis la préhistoire, les hommes ont crée des outils et des instruments afin de répondre à des besoins strictement vitaux. En effet, les hommes sont des animaux naturellement démunis, sans véritable défense. Ils doivent, par conséquent, travailler et, s’unir pour agir sur leur propre environnement ; le dompter. Sans union, l’homme serait mort de faim ou aurait été dévoré par des prédateurs. Les hommes ont donc été amenés à se rassembler pour trouver les moyens leur permettant de survivre. Ils n’avaient pas d’autre choix. Par obligation, l’homme a été conduit à connaître et comprendre l’autre en le protégeant et en se protégeant lui-même. Depuis, il vit en société et doit composer avec. Pour mieux vivre, les hommes se sont donc mis à construire des outils et à travailler.

Ce travail est, selon Marx, le propre de l’homme. La vie animale est réduite aux seuls besoins organiques. Les hommes, eux,  créent surtout lorsqu’ils sont libérés de cette contrainte de survie. L’homme est avant tout un être de projet, l’architecte de sa propre vie car contrairement à l’abeille, il est capable d’anticiper, de se faire par avance une idée des résultats de son travail. Les hommes fabriquent ainsi leur propre existence.

Le travail permet à l’homme de satisfaire des besoins naturels mais également des désirs ni naturels ni nécessaires. Il contribue en cela à son épanouissement intellectuel. Par le travail, l’homme surmonte son propre quotidien. Dans la relation même du maître et du serviteur, on sait que ce dernier, en travaillant, peut parvenir à la maîtrise de sa propre existence. Le serviteur peut, à terme, devenir plus libre que le maître puisque la vie de celui-ci dépend exclusivement du travail qu’il fournit. Autrement dit, prendre conscience des fruits de son travail va rendre possible le dépassement d’une situation.

 Être un homme libre, c’est être libre de son destin, de sa vie. Or l’homme vit en société et est facilement influencé par l’opinion, la doxa. En s’y conformant, il lui est difficile de trouver son propre chemin. Etre libre exige que l’on fasse un bon usage de notre entendement. Etre attentif à ce qui se passe et à ce qui se dit, en devenir conscient est alors nécessaire si l’on veut prendre des décisions réfléchies, en tirer le meilleur parti. L’homme qui agit de cette manière n’est donc pas prisonnier d’une société, dépendant de quelqu’un d’autre.

Et même si une part de conditionnement existe, l’homme peut toujours s’efforcer de connaître l’ordre des choses et tenter de le modifier. L’analyse de ses propres erreurs ou fautes peut l’aider à construire son avenir. L’homme n’a-t-il pas, en effet, la possibilité de se remettre en question, de modifier ses points de vue si cela est nécessaire.

Bien sûr, l’homme est obligé de se soumettre, d’accepter les règles, de respecter des hiérarchies afin d’éviter le désordre, le chaos. Il a, en effet, établi des systèmes sociaux régulés. Mais en connaissant ce qui les régit, il peut alors agir dessus, les modifier. Celui qui ne fait que subir les règles ne peut pas vraiment se révéler ; s’accomplir. Notre vie reste entre nos mains, nous appartient à partir du moment où nous accédons à la pleine conscience de nous-même.

Ce n’est donc qu’en prenant les devants, en intervenant sur soi-même que l’on comprend comment les choses interagissent et qu’on peut les maîtriser. C’est précisément en s’ouvrant au monde et en l’analysant que l’homme peut réellement évoluer. Remédier aux problèmes, c’est faire appel à la raison, mobiliser toutes nos facultés. On peut alors observer deux choses : il y a ceux qui affrontent la réalité, qui se remettent en cause et essaient de trouver des solutions et ceux qui préfèrent ne rien changer, qui se contentent de suivre l’opinion publique sans trop réfléchir. Ceux-là s’exposent à subir et à ne pas évoluer.
Ce n’est qu’en étant partie prenante au sein d’un processus que l’on peut tirer un bénéfice. Comme les moutons de Panurge (qui, ensemble, finissent par se noyer), l’homme happé, mené par les autres agit sans discernement et ne peut plus agir sur sa vie. D’une certaine manière, il est « animalisé » par le groupe puisqu’il acquiesce à tout, obéit aveuglément, sans réflexion préalable.

Or, c’est précisément cette capacité de dire non qui nous différencie des animaux. Pour être l’auteur de sa vie, il faut faire preuve de jugement ; affirmer sa personnalité et non imiter  ce qui,   paraît être le meilleur.

 L’homme a cette capacité de refuser pour se construire. Mais les circonstances de la vie ne lui sont pas toujours favorables. Le milieu familial devrait permettre à l’enfant de devenir plus autonome, de faire ses propres choix. Or l’apprentissage du questionnement (de la réflexion) peut déranger. Les parents eux-mêmes subissent parfois de telles pressions qu’ils ne peuvent s’en dégager. Difficile alors de conduire l’enfant vers les voies de la liberté. Des remarques très courantes lui sont adressées (ce n’est pas bien…il faut faire…) mais l’enfant ne se reconnaîtra pas dans ces propos trop directifs. Tout en faisant preuve d’affection, le plus difficile est de trouver la réflexion qui le fera grandir.
L’éducation, si elle est dynamique, devrait amener l’enfant à se sentir responsable de ses propres choix, à être l’artisan de sa vie. Il est indispensable de le conduire à des carrefours, de lui dire qu’il y a, ici telle ou telle voie, et lui indiquer les dangers qui peuvent s’y présenter. A l’enfant de trouver la voie la plus appropriée à ses projets. Et, même si son milieu familial n’est pas très propice à une telle éducation certaines rencontres extérieures l’amèneront très probablement, par la suite à mûrir ses décisions.
Si certains hommes sont plus aptes que d’autres à s’interroger compte tenu de l’éducation qu’ils ont reçue, d’autres le feront assez naturellement poussées par le désir de s’élever. D’autres encore, auront l’opportunité de faire des rencontres déterminantes.

Être l’artisan de sa propre vie, c’est agir sur soi, donner du sens à son existence. La destination de l’homme est de s’épanouir et si possible dans le travail, au sein même de la société.

L’homme a les moyens d’être l’artisan de son existence (même si parfois les conditions socio – familiales ne sont pas très favorables). Mais la réalisation de soi exige une volonté guidée par l’entendement. Par nature perfectible, l’homme se doit de progresser, il a l’obligation morale de s’améliorer ne serait-ce que pour mieux vivre.

 

Etre l’artisan de sa vie est donc un impératif.

 

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